Livre blanc sur les « Principes et pratiques journalistiques généralement acceptés »

De nos jours, le journalisme est plus que jamais un outil essentiel pour obliger les dirigeants à rendre des comptes. Des renseignements précis et fiables, fournis en temps utile, sont essentiels à la pratique d'une démocratie éclairée.

Cela fait particulièrement écho lorsqu'il s'agit des officines du pouvoir où sont débattues les politiques ayant une incidence sur la vie des Canadiens et où sont prises les grandes décisions.

À cet égard, la Tribune de la presse parlementaire occupe une position unique et privilégiée. Pour défendre leur accès aux institutions parlementaires, les membres font confiance au Conseil d'administration élu, et ce dernier prend cette responsabilité au sérieux.

La confiance à l'égard du journalisme doit être activement méritée et maintenue. Dans cet esprit, le Conseil d'administration a établi une série de critères qu'il évalue lors de l'examen des demandes d'accréditation de la part d'individus qui ne sont pas actuellement membres de la Tribune de la presse parlementaire, ainsi que des nouvelles organisations qui sollicitent l'adhésion en tant que membre pour leurs employés. L'un de ces critères, énoncé dans la Constitution de la Tribune de la presse parlementaire, est que les nouveaux candidats doivent adhérer aux « principes et pratiques journalistiques généralement acceptés ».

Le Conseil d'administration a fait savoir aux membres lors de l'Assemblée générale annuelle de 2020 qu'il jugeait utile de préciser la signification de cette expression, et c'est exactement le but du présent document. Il vise à clarifier la manière dont le Conseil d'administration évalue les nouvelles demandes d'adhésion, à la fois en termes de l'individu souhaitant devenir membre ainsi que du formulaire de nouvel organisme qui est rempli par les entités souhaitant accréditer leurs employés pour la première fois. Ce document ne remplace et ne modifie pas les règles en vigueur quant aux membres déjà accrédités.

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Le Conseil d'administration ne tient pas lui-même une liste de ces principes et pratiques. En tant qu'organe démocratiquement élu, il se tourne plutôt vers les valeurs inscrites dans les codes de conduite de ses membres et des associations professionnelles, notamment l'Association canadienne des journalistes (ACJ) et le code de déontologie journalistique de l'Association de Radio, Télévision et Informations Numériques (RTDNA Canada).

Par exemple, le code de déontologie journalistique de l'Association de Radio, Télévision et Informations Numériques (RTDNA Canada) stipule ce qui suit :

« Nous nous engageons comme journalistes à fournir des informations exactes et fiables dans l'intérêt public. Nous vérifions les faits et les présentons en contexte. »

Le Conseil d'administration reconnaît et respecte ces principes, qui sont repris par l'Association canadienne des journalistes.

Comme le soulignent également les lignes directrices de la RTDNA et de l'ACJ, il est impératif de départager ce qui relève de l'éditorial, de la publicité ou de toute autre forme de parrainage,

et de divulguer aux lecteurs ou au public toute idée préconçue qui pourrait leur donner l'impression qu'elle influence le reportage.

Le code de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec ajoute que
« les journalistes doivent éviter les situations de conflits d'intérêts et d'apparence de conflits d'intérêts » en servant des intérêts particuliers.

« Il y a conflit d'intérêts lorsque les journalistes, par divers contrats, faveurs et engagements personnels, servent ou peuvent sembler servir des intérêts particuliers, les leurs ou ceux d'autres individus, groupes, syndicats, entreprises, partis politiques, etc. plutôt que ceux de leur public. Le choix des informations rendues publiques par les journalistes doit être guidé par le seul principe de l'intérêt public. Ils ne doivent pas taire une partie de la réalité aux seules fins de préserver ou de rehausser l'image de tel individu ou de tel groupe », souligne la FPJQ.

Les Ethics Guidelines de l'ACJ stipulent que les journalistes ont la responsabilité de « respecter les droits des personnes en cause dans l'actualité », notamment de leur donner la possibilité de répondre en temps utile aux accusations portées contre elles. Elles précisent également que les journalistes doivent éviter « les stéréotypes fondés sur la race, le sexe, l'âge, la religion, l'ethnicité, la géographie, l'orientation sexuelle, le handicap, l'apparence physique ou le statut social ». Ces lignes directrices soulignent que « nous sommes particulièrement attentifs lorsque nous faisons des reportages sur des enfants ou sur des personnes qui ne sont pas en mesure de donner leur consentement pour être interviewées » et que « nous ne laissons pas nos propres préjugés nuire à la réalisation d'un reportage juste et précis [TRADUCTION]. »

La couverture responsable des minorités et des groupes vulnérables est un thème commun à tous les codes d'éthique du journalisme canadien. Par exemple, les Normes et pratiques journalistiques de la SRC stipulent ce qui suit :

« Nous évitons l'emploi de généralisations et de stéréotypes, de même que toutes images ou tous propos dégradants, offensants ou susceptibles d'alimenter les préjugés ou d'exposer des personnes à la haine ou au mépris... Nous nous assurons que, selon le contexte dans lequel les propos sont diffusés, ils ne sont pas susceptibles d'exposer quiconque à la haine ou au mépris pour des motifs fondés sur la race, l'origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, le sexe, l'orientation sexuelle, l'âge ou la déficience physique ou mentale. »

Le Conseil d'administration reconnaît et respecte ces principes.

Comme le précisent les Principes éthiques de la Presse canadienne, les journalistes ont la responsabilité d'admettre « les erreurs rapidement et franchement », et ceci est étroitement lié à la responsabilité de gagner la confiance du public.

« La méfiance du public envers les médias est considérable et préoccupante », souligne-t-on dans ces principes. « La méfiance est alimentée par l'inexactitude, la négligence, l'indifférence au sentiment populaire, le cynisme à l'égard des acteurs de la sphère publique, la perception d'un préjugé ou d'une injustice ainsi que d'autres éléments suggérant l'arrogance. »

Dans ces principes, on précise également ce qui suit :

               « Nous avons la responsabilité de rapporter les nouvelles, mais nous avons une responsabilité encore plus grande, soit de nous assurer que nos interventions pour recueillir et diffuser les nouvelles ne mettent pas en danger des vies humaines [TRADUCTION]. »

Dans le même ordre d'idées, la politique éditoriale du Globe and Mail stipule ce qui suit :

« L'exactitude, l'équité et la clarté journalistiques doivent être les principes directeurs de la rédaction dans tout forum public, en ligne ou autre. [TRADUCTION]. »

Le Conseil d'administration reconnaît et respecte les principes exprimés par ses membres.

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La Tribune de la presse parlementaire permet à ses membres d'accéder aux bâtiments sécurisés de la Cité parlementaire et d'interroger directement les personnes qui dirigent et façonnent la politique publique.

L'utilisation abusive de cet accès par un membre ou une organisation membre pourrait miner la relation professionnelle qui existe entre le Parlement et la Tribune de la presse parlementaire, ce qui aurait des répercussions négatives sur la capacité des membres d'effectuer leur travail.

C'est pourquoi l'accréditation est un privilège et non un droit.

Les principes énoncés ci-dessus apportent des précisions sur les facteurs dont le Conseil d'administration tient compte pour évaluer les demandes pour devenir membre de la Tribune de la presse parlementaire.

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